Marché monétaire : doit-on investir sur la devise Franc Suisse ?par Mathieu AMACHER

C’est une question que beaucoup d’épargnants me posent. Cherchant une alternative aux livrets bancaires, aux contrats d’assurance-vie ou aux actions, ils sont tiraillés entre l’achat de métaux précieux et la devise helvète.

Mathieu AMACHER


Cela fait de nombreuses années que le Franc suisse est considéré comme un actif sans risque qui protège l’épargne. Les réserves de cette devise sont gigantesques en effet, le pays est synonyme de croissance économique durable et stable. De plus, le mode de fonctionnement de la plus vieille république du monde est sans pareil : le plus libéral et le plus juste.
C’est pourquoi nous allons dans cet article essayer de percer le mystère qui entoure cette monnaie et voir comment cette monnaie a réagi pendant la crise du Covid et déterminer si elle va être une valeur refuge pour la seconde vague de cette crise économique sans précédent.

Brève histoire du franc Suisse

Le Franc de la Confédération Helvétique (CHF) est devenu la monnaie unique de la Suisse autour des années 1850. Au départ, elle était rattachée au franc germinal. Après 1860, l’Union Monétaire Latine, lie le CHF à diverses monnaies européennes, jusqu’à la 1re guerre mondiale.
À la suite d’une votation, le CHF est libéré de sa couverture en Or : jusqu’alors, le franc Suisse était couvert à hauteur de 40 % par l’Or.
Le CHF est fortement dépendant de l’économie de l’Union européenne. 

Lorsque l’Euro fut introduit, la parité de change est de 1 EUR = 1,50 CHF . Cependant, la parité évolue en faveur du CHF. Ainsi pour se prémunir d’un CHF trop fort, la Suisse décida en 2011 d’administrer le taux de change de sa devise. Ce système fut aboli en 2015. Depuis, pour protéger l’économie du pays, la Suisse a plus que doublé sa masse monétaire (billet physiquement en circulation) et a multiplié par plus de 13 sa base monétaire pour freiner la hausse des cours de change en augmentant l’offre de monnaie.

La crise du Covid

Depuis la crise du Covid, la Banque National Suisse (BNS) essaie par tous les moyens de freiner l’appréciation du CHF face aux autres devises. À l’heure actuelle, le CHF est tout proche de ses plus hauts taux historiques. À cause de l’augmentation des risques économiques, le CHF est, à l’instar de l’Or, une véritable valeur refuge. Les interventions de la BNS sont de plus en plus fréquentes ; mais semblent inefficaces. 


Le CHF est tout à fait révélateur de ce qui se passe sur les marchés monétaires de ces dernières années. La monnaie suisse est aspirée par les épargnants et les investisseurs qui thésaurisent la monnaie ; ralentissant sa vitesse de circulation et l’empêchant de remplir sa fonction de création de valeur (le fameux P = MV). Le cours de sa monnaie s’apprécie face aux autres. La demande de monnaie est tellement forte qu’il n’y aura bientôt plus assez de CHF en circulation pour l’économie nationale ; ce qui, à terme la fera entrer en déflation. 

L’impact d’un franc fort

Avoir une monnaie trop forte est un inconvénient pour la Suisse. La réévaluation du CHF ralentit l’économie de ce pays : il devient plus difficile d’exporter des marchandises et des services ; poussant potentiellement les sociétés à baisser leurs prix. De plus, un Franc Suisse fort encourage les nationaux à dépenser leur monnaie hors des frontières du territoire national : pour le tourisme ou pour des achats. Le marché de l’immobilier peut souffrir, car un Franc fort découragé l’investisseur étranger.
La perte de compétitivité du pays peut encourager les entreprises à se délocaliser ; faisant planer un risque sur l’emploi.

Conséquence sur l’Or

Le cours de l’Once d’Or en CHF suit la même tendance que sa cotation dans les autres devises : la tendance est haussière. L’appréciation du CHF face aux autres devises tend à atténuer ce mouvement. Toutefois, l’once d’Or s’est accrue de 18 % depuis le début de l’année 2020.
La masse monétaire Suisse suit le mouvement des autres monnaies : elle augmente de plus en plus rapidement et de manière exponentielle.
Comme le Dollar US, l’Euro ou le Yuan, le nombre de CHF en circulation a augmenté fortement depuis plusieurs années.
Il y a deux risques à détenir du franc Suisse aujourd’hui :
-Le premier réside dans le fait de l’augmentation du taux de change, qui rend l’économie du pays moins compétitive, pousse d’autant plus les autorités à imprimer de plus en plus rapidement de la monnaie entrainant inéluctablement une dévaluation.
– Le second réside dans le fait que la majeure partie des francs suisses est thésaurisée à l’extérieur du pays. Un mouvement de panique pourrait pousser les épargnants à vendre rapidement.

La Suisse ne connaît rien d’autre que ce que les économies des pays développés connaissent aujourd’hui. Un manque de vitesse de circulation de sa monnaie qui se doit d’être le palier par une augmentation de la masse monétaire. La Suisse n’est pas un pays isolé du reste du monde ; il est d’ailleurs l’un des plus dépendant au commerce mondial.
Lorsque l’Euro ou le Dollar US sont siphonnés par la Chine, et leurs importations de biens et marchandises ; le franc Suisse est siphonné par le monde entier comme réserve monétaire. 
Le fait que cette monnaie soit administrée et non-libre nous incite à la plus grande prudence, si nous voulons placer une partie de notre épargne dans cette valeur. Nous sommes en effet dans une mondialisation où la monnaie est une arme économique et non plus un moyen d’échange. 
La valeur du Franc Suisse fiduciaire repose sur la confiance qu’ont les agents économiques dans la sauvegarde de leurs pouvoirs d’achat. L’augmentation du nombre de billets en circulation ne peut qu’entraîner une baisse de la valeur de cette monnaie si nous le comparons à des matières premières.
À court terme, sans doute, le franc Suisse va continuer à se renforcer face aux autres devises. Sur le moyen et long terme, il paiera moins d’Or.

placedelabourse.fr

3 thoughts on “Marché monétaire : doit-on investir sur la devise Franc Suisse ?par Mathieu AMACHER

  1. Comment tu peux penser à acheter des bitcoins qui n’ont rien d’officiels ; faut être fou pour acheter quelques choses comme ça ; tu ne sais pas d’où cela vient. Imagine une coupure d’électricité ; tu es ruiné. Je suis pour la liberté mais de là à croire qu’une monnaie virtuelle pourrait soumettre les états ça me semble compromis.
    Les prochaines années vont être compliquées. Famine, guerre de religion, soumission, peur et barbarisme seront au rendez-vous.
    Fait comme les rothchilds ; achète de l’Or

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