Benjamin Melman :  » Les marchés actions devraient continuer leur progression »

Benjamin Melman, CIO Edmond de Rothschild Asset Management.

L’environnement est marqué par une poursuite des tensions sur les taux d’intérêts réels et tout particulièrement aux États-Unis, suscitées par un durcissement du discours de la Réserve Fédérale mais aussi par l’annonce d’une probable mise en place cette année d’une politique de quantitative tightening (réduction du bilan de la banque centrale). En fin d’année 2021, la forte volatilité des taux d’intérêt avait sensiblement impacté les performances relatives factorielles et sectorielles des marchés d’actions. Depuis le début de l’année, ce sont aussi les performances absolues des marchés d’actions qui sont touchées, la volatilité des taux et celle des marchés d’actions se connectant, donnant clairement l’image de plaques tectoniques en mouvement. Ces derniers jours, l’escalade des tensions entre la Russie et l’Occident autour de l’Ukraine est venue s’ajouter aux craintes des investisseurs. Ainsi, depuis le début de l’année, le S&P 500 a subi une correction (baisse de 10%) et l’indice VIX1 est monté jusqu’à 38, un niveau très élevé. En dépit de cette très forte aversion au risque, les taux longs américains s’affichent toujours en hausse.

LA QUESTION INFLATIONNISTE RESTE EN SUSPENS

Début octobre, les marchés n’anticipaient qu’une seule hausse de taux de la Fed en 2022. Ils
tablent désormais sur quatre. Si on ne peut exclure que les investisseurs en anticipent davantage, la tonalité du discours de la Fed comme de l’administration Biden étant devenue clairement anti-inflationniste, il est possible voire probable que l’essentiel de l’ajustement ait eu lieu
dans la mesure où désormais les anticipations du marché reflètent assez bien les projections
médianes de la Réserve Fédérale. Pour autant, on ne saurait exclure que la Fed ait besoin de
revoir de nouveau à la hausse son programme de resserrement monétaire si l’inflation ne venait
pas à ralentir comme elle l’anticipe. En effet, il peut paraître étonnant d’observer que la Fed, au
regard de ses prévisions d’inflation, entend conserver des taux réels fed funds négatifs jusqu’en
2024, un niveau anormalement bas pour « combattre » l’inflation alors même que l’économie
semble déjà au plein emploi. Nous anticipons une détente de l’inflation avec l’atténuation des
goulets d’étranglement qui s’est probablement amorcée au cours de ces dernières semaines
sur certains biens. Pour autant, l’accélération de la hausse des salaires se poursuivant aux
États-Unis, il est trop tôt pour conclure que la question inflationniste ne reviendra pas tarauder
à nouveau la Fed et les investisseurs.

Retrouvez l’analyse et les recommandations stratégiques d’investissement dans le document ci-joint. 

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