LA CRISE RUSSE, UN ACCELERATEUR DE L’ACCORD IRAN-ETATS-UNIS PAR Manuel Maleki

La Russie est acteur majeur du marché du pétrole avec une production qui représente près de 10% de la
production mondiale et a une implication importante au sein de l’OPEP+, son principal client est la Chine avec 3 millions de barils par jour (Mbj)

Nous envisageons deux scénarios d’évolution des prix : le premier est celui d’un prix qui resterait
durablement élevé comme ce que l’on a observé lors la révolution iranienne et de la guerre Iran-Irak. Le
second scénario est celui d’une rapide baisse du prix comme ce que l’on a pu observer lors de la première
guerre du Golfe en 1990-91

Des sanctions contre le pétrole russe provoqueraient une diminution des exportations russes mais il est peu probable que la Chine se priverait de ses importations d’or noir russe. Nous estimons que cela pourrait amputer le marché mondial d’environ 5%

Dans un horizon de quelques mois, ce manque pourrait être compensé par les autres producteurs en
particulier si le pétrole iranien fait son retour sur le marché mondial. Ceci pourrait avoir comme effet de
mitiger les effets des sanctions contre le secteur pétrolier sur le prix de l’or noir

LA GEOPOLITIQUE ENCORE ET TOUJOURS FACTEUR DE VOLATILITE SUR LE MARCHE DE L’OR
NOIR

Jeudi 24 février, le cours du baril de Brent a connu une hausse de plus de 8 % dépassant les 100$ en
lien avec l’attaque de l’Ukraine par la Russie. La volatilité des prix, définie ici comme une variation très
importante du prix sur une courte période, a toujours fait partie du marché du pétrole et les raisons
géopolitiques en sont la principale raison. En effet, le premier choc pétrolier de 1973, qui avait vu le
prix du baril augmenté de plus de 230% faisait suite la guerre du Kippour. De même, la révolution
iranienne et dans son sillage la guerre Iran-Irak avaient multiplié le prix par trois. Au-delà des impacts
immédiats, ces évènements ont provoqué une hausse durable du prix du baril, contrairement à la
première guerre du Golfe en 1990-91 qui s’est traduite par une forte hausse du prix passant de 17$ le
baril à prêt de 40$ le baril avant de retomber quelques mois plus tard à son niveau d’avant le conflit.
Dès lors, chaque évènement géopolitique ; et en particulier les guerres impliquant des pays
producteurs, se traduit par une hausse immédiate du prix mais pas nécessairement par une hausse
durable. Un autre point essentiel est d’analyser la manière dont le marché du pétrole pourrait évoluer
en cas de sanction contre le secteur pétrolier russe et comment les pays consommateurs pourraient
mitiger l’impact d’une baisse des exportations de pétrole russe.

LA RUSSIE UN ACTEUR MAJEUR DU MARCHE PETROLIER AVEC COMME PREMIER CLIENT LA CHINE

La Russie qui produit environ 10.5 Mbj soit un peu plus de 10% de la production mondiale est le
deuxième producteur mondial, derrière les Etats-Unis, est un acteur majeur du marché pétrolier. De
plus, le pays est membre de l’OPEP+ qui regroupe les pays de l’OPEP et une dizaine d’autres pays
producteurs. Au total, l’OPEP+ produit entre 30 et 40 Mbj et représente environ 30 à 40% de la
production mondiale (graphique 1). Ainsi, en plus d’être un pays producteur important, la Russie a
une position stratégique au sein de l’organisation qui influence les cours de l’or noir. Dans le détail, le
principal client de la Russie est la Chine avec près de 3 millions de barils par jour (graphique 2).

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