La Fed va garder le cap Par Franck Dixmier

 Franck Dixmier en amont de la réunion du FOMC des 26 et 27 juillet 2022
  • Sans surprise, la Fed devrait annoncer une hausse de taux de 75pb lors de sa prochaine réunion de politique monétaire.
  • Face à une inflation qui continue de surprendre à la hausse, voire risque de se pérenniser, la Fed doit continuer d’agir vite et fort, et procéder à un maximum de hausses de taux tant que la fenêtre d’opportunité reste ouverte.
  • Les marchés ont bien compris la stratégie de la Fed et intégré le succès de sa lutte contre l’inflation.

L’inflation américaine en juin a de nouveau surpris à la hausse, avec un indice des prix à la consommation (CPI) à 9,1%[1] contre les 8,8% attendus, et un Core CPI à 5,9% contre les 5,7% attendus. A ce rythme, on ne peut écarter les risques qu’elle ne se pérennise, notamment via des effets de second tour. Dans ce contexte, la Fed n’a d’autre choix que de se concentrer sur son mandat principal de stabilité des prix et de continuer à agir vite et fort. Nous estimons qu’elle devrait de nouveau annoncer une hausse de taux de 75pb des Fed Funds.

La Fed reste dans la logique inaugurée lors de sa réunion en juin, avec une hausse de taux plus élevée que prévu : il s’agit de procéder à un maximum de hausses de taux lors des prochains mois avant que la fenêtre d’opportunité ne se ferme. Car le risque de récession, ou tout au moins celui d’une forte décélération de la croissance dès la fin de l’année, est désormais anticipé par les marchés. La Fed doit donc agir maintenant, afin de continuer à ancrer les anticipations d’inflation et se restaurer des marges de manœuvre.

Le message de la Fed a bien été compris par les marchés, qui anticipent un taux de refinancement à 3,50% en fin d’année et une première baisse de 50bp dès 2023, ainsi qu’une décrue de l’inflation à moyen terme. Cela se traduit clairement dans les anticipations d’inflation. Au 22 juillet, le 5Y5Y forward swap inflation est à 2,44%[2], en baisse de 40bp depuis son plus haut en mai, et les break-even inflation 5 ans à 2,60% contre 3,70 fin mars.

Les craintes que l’on pouvait avoir au premier trimestre d’une situation hors de contrôle ont disparu. La Fed a bien repris la main, au prix de sa forward guidance, qu’elle a sacrifiée. Elle sait que la fenêtre d’opportunité pour augmenter ses taux ne va pas durer face au ralentissement de l’économie qui se profile, et se concentre sur son mandat de stabilité des prix.

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