Petites capitalisations européennes : On dit que l’histoire ne se répète jamais. Mais ne rime-t-elle pas souvent ?

Par Christian Solé, Deputy Head of Fundamental Europe Equity, Head of Small & Midcaps

Dans le passé, les petites capitalisations ont eu tendance à rebondir fortement après des pics d’inflation. Les qualités intrinsèques des petites capitalisations – agilité et fort pouvoir de fixation des prix -, complétées par une sélection minutieuse effectuée par une équipe expérimentée, pourraient leur permettre de sortir à nouveau du lot dans un avenir proche, comme un son de clarinette brillant et puissant peut nous prendre presque par surprise.

Parfois, nous réentendons une symphonie légèrement différente, mais nous en reconnaissons le thème – ou comme on dit « L’histoire ne se répète jamais, mais elle rime souvent ».

La dernière fois que les pays développés ont été confrontés à de fortes tensions inflationnistes, c’était il y a environ 50 ans, dans les années 1970. Il est possible de tirer des leçons intéressantes de cette période.

À l’époque, non seulement les sociétés de petite capitalisation ont surperformé les principales classes d’actifs traditionnelles en termes réels, mais elles ont été parmi les rares à dégager des rendements positifs (voir graphique). Le graphique illustre bien comme la performance des petites capitalisations peut être décorrélée de celle des grandes capitalisations, contribuant ainsi à la diversification des portefeuilles.

Lorsque l’inflation a commencé à monter en flèche en 1973, après la fin du système de Bretton Woods, les petites capitalisations ont sous-performé alors que le monde entrait progressivement en récession. Les chiffres d’affaires des petites entreprises sont généralement les premiers à être touchés par un ralentissement économique et, dans la tempête, les investisseurs préfèrent les embarcations plus stables. Les petites entreprises ont également moins accès aux marchés de dette et de capitaux que les grandes entreprises.

Mais juste après le pic d’inflation, les petites capitalisations sont entrées dans une phase de forte surperformance qui a été à peine affectée par le deuxième choc d’inflation, grâce à leur plus grand dynamisme et à leur esprit d’entreprise. Les petites entreprises ont également tendance à réagir plus rapidement que les grandes aux évolutions de l’environnement. Notez que nous présentons des données sur le marché américain en l’absence de séries historiques équivalentes pour l’Europe, en raison de la structure du marché à l’époque.

Chez Candriam, notre conviction est que les petites capitalisations, qui ont sous-performé les grandes capitalisations depuis le second semestre 2021, pourraient bientôt commencer à surperformer. Il est possible que cela coïncide avec le changement d’orientation de la Fed ou au moment où les investisseurs retrouveront de la visibilité sur la maîtrise des tensions inflationnistes. Nous surveillerons de près les politiques des banques centrales et les points bas sur l’indice PMI[1] pour saisir le rebond des petites capitalisations.

Nous pensons également que notre approche sélective de l’investissement dans les petites capitalisations, qui a fait ses preuves sur une période de 10 ans, est plus cruciale que jamais (surperformance brute annualisée de 3,6 % sur dix ans, et ratio de Sharpe de 0,82[2]).

Notre conviction est que rendements élevés et investissement responsable sont compatibles. Les marchés pourraient bientôt offrir des points d’entrée très attractifs pour investir dans les petites capitalisations. Nous pensons également que l’engagement, combiné à l’investissement responsable, est un élément clé pour améliorer le rendement ajusté du risque.

Alors, êtes-vous prêt à entendre le son clair et brillant de la clarinette ?

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