Selon AllianzGI, en 2022, les marchés traverseront une zone de turbulence à naviguer avec agilité

25 novembre 2021. Face à la montée des incertitudes, le premier semestre 2022 devrait traverser une zone de turbulences.

Certes la croissance devrait rester vigoureuse, malgré un ralentissement lié aux reconfinements dans
certains pays, aux perturbations continues dans les chaînes d’approvisionnement, à la flambée des prix de
l’énergie, au ralentissement en Chine et à un moindre soutien de la part des politiques budgétaires. Mais
l’évolution de l’inflation, qui devrait continuer à surprendre à la hausse, et la réaction des banques centrales
face à ce phénomène, seront les thèmes centraux pour les marchés et la préoccupation principale des
investisseurs. De fait, les banques centrales peinent à caractériser l’inflation, comme le prouvent les
nombreuses déclarations contradictoires de leurs dirigeants. Si les origines de la hausse de certains prix
sont bien comprises, son caractère transitoire ou non, et sa durée, le sont bien moins

Cette poussée des prix vient contrarier les plans de normalisation des politiques monétaires finement
orchestrés par les banques centrales depuis des mois. A ce jeu, la Fed et la Banque centrale européenne
ne sont bien sûr pas logées à la même enseigne.
Face à des indicateurs et des objectifs différents tant en
termes d’emploi que de prix, la Réserve fédérale américaine a déjà lancé son tapering, qui devrait se
terminer en juin, tandis que la BCE devrait annoncer en décembre un nouveau programme pour remplacer
le PEPP, arrivé à échéance. Toutefois, les hausses de taux n’étaient pas à leur agenda immédiat,
notamment pour la BCE qui doit assurer de l’intégrité de la zone euro alors que les pays font face au
refinancement d’une montagne de dettes. La dichotomie entre une inflation toujours plus haute, avec des
prémisses d’enclenchement d’une boucle prix/salaires aux Etats-Unis, et des banques centrales qui restent
alignées sur un contexte récessif, n’est plus tenable pour longtemps.

« Pour prendre des décisions d’investissement en 2022, il y aura un indicateur à suivre : les anticipations d’inflation. Tout dérapage face à des chiffres de hausse des prix plus élevés qu’anticipés conduiraient les banques centrales, qui craignent leur effet autoréalisateur, à agir plus rapidement que prévu et relever leurs
taux. Une action trop rapide ou trop forte pèserait sur une croissance encore fragile et sur les actifs risqués.
En 2022, il faudra donc rester particulièrement attentif et agile face à une volatilité accrue sur l’ensemble des marchés » souligne
Franck Dixmier, Global CIO Fixed Income d’AllianzGI.

Nos perspectives pour les marchés du Crédit

Les incertitudes vont peser sur le marché du crédit, pour lequel le risque majeur sera celui de taux

Le crédit continuera à bénéficier de la présence de la BCE dans les marchés en zone euro, et la rareté des rendements obligataires positifs disponibles devrait soutenir la demande dans un environnement de risque de crédit spécifique rarement aussi bas. De nombreuses émissions sont attendues début 2022, notamment dans le High Yield qui a déjà connu une année exceptionnelle et devrait redevenir plus attractif. Le secteur bancaire devrait continuer à se renforcer

Toutefois, les incertitudes macroéconomiques devraient peser. Dans certains secteurs, l’inflation des prix et
les pénuries de matières premières pourraient avoir un impact important sur l’activité ou les marges, ce qui
pourrait affecter les résultats du 4ème trimestre. Le ralentissement économique chinois pourrait impacter
certains émetteurs. Par ailleurs, le marché du crédit Investment Grade offre désormais une prime limitée.

« Dans un contexte d’augmentation des coûts des matières premières, les secteurs au pricing power limité pourrait souffrir, explique Vincent Marioni, Directeur des investissements Crédit d’AllianzGI. Il faudra également être vigilant à l’égard du niveau d’endettement de certaines entreprises, favorisé par le retour des opérations de M&A, et surtout de LBO. La volatilité et la dispersion du marché européen du crédit devraient progressivement augmenter, ce qui devrait favoriser la gestion active ».

Nos perspectives pour les marchés Actions

Après une bonne année en 2021, sur fond de reprise économique très forte, les marchés actions en Europe
abordent 2022 de manière contrastée. Coté microéconomique, les signaux sont positifs : l’évolution des
profits reste dynamique, le consensus est orienté à la hausse après de bons résultats au 3ème trimestre 2021,
les résultats annuels devraient dépasser le niveau de 2019 en moyenne, et les valorisations restent
raisonnables malgré la hausse des cours. De l’autre, les inquiétudes montent face au risque de remontées
des taux, et les marges sont potentiellement sous pression dans un contexte de remontée des coûts et de
perturbations des chaines d’approvisionnement.

L’ESG continuera à s’imposer dans les stratégies des entreprises : le E est conforté par les plans de relance
centrés sur la transition énergétique, et le S s’impose avec un plus grand focus sur le contrat social, la
recherche d’une meilleure intégration verticale des chaines d’approvisionnement et le développement de
l’économie circulaire

« En 2022, il faudra avoir des portfeuilles équilibrés entre les styles, remarque Catherine Garrigues, Directrice de la gestion Actions Europe, Stratégie Conviction, d’AllianzGI. Il faudra être particulièrement attentif au pricing power des entreprises. Nous privilégierons les secteurs favorisant une
économie plus responsable, notamment au niveau des matériaux et de la construction, et la technologie.
Les banques devraient profiter de la repentification de la courbe des taux et les utilities de la phase d’expansion des énergies renouvelables. Le luxe, avec ses marges élevées et l’expansion des classes moyennes en Asie, devrait continuer son développement »

A propos
Allianz Global Investors est un gestionnaire actif de premier plan qui compte plus de 700 professionnels de l’investissement présents dans 23 bureaux à travers le monde. AllianzGI gère plus de 647 milliards d’Euros* d’actifs pour les particuliers, les family offices et les investisseurs institutionnels.

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